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source:
letemps.ch
BRUXELLES /
GENEVE
Décembre
2004
Chers amis,
Voici l’excellent dossier que consacre le quotidien de Suisse
romande, “Le Temps”, aux événements qui ébranlent l’Ukraine aujourd’hui
et qui sont en fait la répétition des événements antérieurs qui ont
agité la Serbie, la Géorgie et la Biélorussie (où la tentative de
subversion générale avait échoué). L’article interroge les acteurs
de ces “putschs” déguisés et en apparence pacifiques et dévoile
utilement certaines de leurs tactiques. Ces tactiques sont déployées
pour le bénéfice de l’impérialisme américain, qui applique tout
simplement la stratégie Brzezinski, qui consiste à fractionner les
franges de la puissance qui détient la “Terre du Milieu” et d’éloigner
cette dernière des littoraux des mers chaudes. L’objectif est aussi
de rendre inopérant tout Axe Paris-Berlin-Moscou, en introduisant
entre l’Allemagne et la Russie une sorte de nouveau “cordon
sanitaire”, comme le voulait, après la révolution bolchevique, Lord
Curzon. Les atlantistes, les trotskistes, les fondamentalistes
islamistes et les néo-conservateurs (de l’entourage de Bush, qui
sont, dans la plupart des cas, d’anciens trotskistes) orchestrent, à
gauche et à droite de l’échiquier politique, l’application de la
doctrine Brzezinski. Pour le plus grand malheur de l’Europe et de
ses enfants, qui vivront dans un monde infernal et dans un espace
politique n’autorisant aucun développement ni épanouissement. La
prise de conscience de cette situation doit nous conduire à
combattre sans relâche ni pitié les canailles atlantistes, alliées
objectives de la crapule gaucho-trotskiste, qui souillent encore, de
leur présence et de leur indécrottable bêtise, le milieu identitaire.
L’atlantiste, le trotskiste, le fondamentaliste islamiste et le
néo-conservateur sont des ennemis mortels de notre civilisation, de
la Vieille Europe, de tout ce qui nous est cher. Ils ne méritent que
la haine et le mépris : une créature qui ose, en Europe aujourd’hui,
se dire pro-américaine, ne mérite plus l’honneur d’être un citoyen
d’Europe, ne mérite plus d’être considérée comme héritière et partie
intégrante de notre civilisation, car elle nie la valeur de tous nos
héritages et prépare un monde de mort et de misère pour nos enfants.
Le quotidien suisse “Le Temps” —sans nul doute grâce à la neutralité
helvétique, où l’atlantisme n’est pas aussi puissant que dans les
pays de l’OTAN— nous donne des armes pour résister et pour
comprendre comment fonctionnent les mécanismes qui conduisent à
notre asservissement.
SYNERGIES EUROPEENNES,
HISTOIRE – de nos archives
10/12/2004
L’internationale secrète qui ébranle
les dictatures de l’Est
La Serbie en
2000, la Géorgie en 2003, l’Ukraine en 2004: trois pays, trois
révolutions populaires. Mais derrière les foules de manifestants s’active
une nébuleuse d’activistes internationaux, de théoriciens de la
non-violence et de financiers proches du gouvernement américain.
Enquête.
Les manifestants installés depuis dix-huit jours dans le centre de
Kiev imposeront-ils le réformateur Viktor Iouchtchenko à la tête de
l’Ukraine? Ou leur mouvement sera-t-il finalement étouffé par les
man?uvres du président sortant Leonid Koutchma? A des centaines de
kilomètres de là, dans le centre de Belgrade, une poignée de jeunes
Serbes se posent et se reposent cette question avec fébrilité.
Membres de l’ancien mouvement étudiant Otpor («Résistance»), fer de
lance du mouvement qui a chassé du pouvoir en 2000 le président
yougoslave Slobodan Milosevic, ils ne se reconnaissent pas seulement
dans les protestataires aujourd’hui à l’ouvre, ils les connaissent
très bien pour leur avoir porté assistance ces derniers mois.
C’est que tous les anciens d’Otpor n’ont pas quitté la scène
politique après la chute de «leur» dictateur. Bien conscients que d’autres
peuples d’Europe orientale continuaient à vivre sous d’autres
régimes autoritaires, un certain nombre d’entre eux ont décidé d’exporter
leur combat et de se reconvertir en militants internationalistes de
la révolution non violente. Certains sont allés en Géorgie l’an
dernier pour prodiguer leurs conseils aux jeunes militants du
mouvement étudiant de désobéissance civile Kmara («Assez!»), qui a
contribué à renverser l’ancien président Edouard Chevardnadze et à
porter au pouvoir le réformateur démocrate Mikhaïl Saakachvili. D’autres
se sont rendus plus récemment en Ukraine dans l’espoir d’y rééditer
leur exploit. «Nous y avons été 26 fois entre les printemps 2003 et
2004», se souvient Aleksandar.
Sur ce dernier terrain, les militants du Centre Otpor de résistance
non violente sont à l’origine de deux organisations subversives. La
première, Pora («C’est l’heure»), a été chargée de conduire une
campagne de communication «négative», en dénonçant les inégalités:
«Il s’agissait de pointer du doigt des problèmes sociaux, explique
l’un d’eux. Des attaques contre les dysfonctionnements politiques n’auraient
mobilisé qu’une minorité d’Ukrainiens.» L’autre organisation, Znayu
(«Je sais»), a reçu pour mission de mener une campagne «positive»,
en expliquant comment éviter les détournements de voix, vérifier les
listes électorales, s’inscrire pour la première fois, etc.
Les activistes serbes sont d’autant plus habiles et efficaces qu’ils
sont solidement encadrés. Ils ont ainsi bénéficié en Ukraine du
soutien financier d’une organisation basée à Washington et très
proche du gouvernement américain, Freedom House, qui se trouvait
déjà à leur côté en Serbie à l’automne 2000 et qui les a aidés à
former, mais sans succès pour le moment, des jeunes biélorusses du
mouvement Zubr («Le Taureau»). En Géorgie l’an dernier, l’Open
Society Institute (OSI) du financier George Soros a pareillement
pris en charge la formation des militants de Kmara.
Et ce n’est pas tout. L’aide étrangère apportée aux activistes
démocrates d’Europe orientale s’étend également à la formation.
Ainsi, des séminaires de «formation des formateurs» ont été
organisés outre-Atlantique – l’un d’eux a eu lieu le 9 mars dernier
à Washington. Ces réunions, qui permettent des échanges d’expérience,
réunissent de jeunes militants de terrain, tels ceux d’Otpor, ainsi
que des anciens, tel Mukhuseli Jack, un acteur de la lutte
anti-apartheid en Afrique du Sud. Ils attirent aussi des théoriciens
de la lutte non violente, dont Jack DuVall, producteur d’un
documentaire, Comment renverser un dictateur, qui a circulé sous le
manteau dans de nombreux pays du monde, de la Géorgie à l’Iran, en
passant par Cuba… Sans oublier certains proches du principal
théoricien du mouvement, Gene Sharp, auteur d’un manuel traduit dans
près de vingt langues, De la dictature à la démocratie.
Les organisations de base comme Otpor ne sont bien sûr pas capables
d’imposer seules des révolutions. Pour provoquer un changement de
régime, elles doivent cohabiter avec une opposition politique
classique déterminée et s’appuyer sur un fort désir de changement au
sein de la société. Il est parallèlement nécessaire que les régimes
qu’elles affrontent leur laissent une liberté de mouvement minimale.
A ces conditions cependant, fortes de leur courage juvénile et de
leur art consommé de la subversion, elles sont devenues aujourd’hui
le cauchemar de nombreux dictateurs.
Les hommes forts
de la région s’organisent
Une anecdote raconte qu’en décembre 2003, lors des funérailles du
président azerbaïdjanais Heydar Aliev auxquelles assistaient tous
les dirigeants de la CEI, Vladimir Poutine aurait commenté la
Révolution des Roses en déclarant de façon très crue à sa nouvelle
homologue géorgienne par intérim Nino Burdzhanadze que «tous les
dirigeants font dans leur pantalon» à l’idée qu’un mouvement
similaire puisse survenir chez eux.
De fait, nombreux sont les régimes autoritaires de la région à
prendre des mesures contre la contagion du modèle non violent. La
coopération avec les services secrets russes a permis la rédaction
d’une liste noire d’activistes que détiennent le KGB Biélorusse et
le FBU ukrainien, et qui a servi à expulser de ces pays au moins
trois membres d’Otpor entre juillet et octobre. Autre exemple, plus
médiatique, celui du chef d’Etat Kirghiz, Askar Akaev, qui s’est
fendu d’un article dans le journal russe Rossiiskaya Gazeta, le 8
juin dernier, pour dénoncer «les nouvelles technologies
internationales (pour organiser) des révolutions de velours».
Vladimir Poutine a envoyé de son côté des conseillers politiques
russes pour soutenir la campagne de son protégé ukrainien Viktor
Ianoukovitch contre ce qu’il a lui-même appelé une intervention
«coloniale» de l’Occident. Mais son geste s’est révélé parfaitement
inefficace.

Gene Sharp:
«L’essentiel est de diviser le camp adverse»
Le principal théoricien du mouvement, Gene Sharp, a quelques
dizaines d’années d’expérience derrière lui. Et une volonté farouche
de peser sur le cours des événements.
A 86 ans, Gene Sharp apparaît comme le principal théoricien du
réseau international de révolution non violente à l’?uvre dans les
pays d’Europe orientale. Pacifiste de la première heure durant la
Seconde Guerre mondiale, il a approfondi sa réflexion en
correspondant notamment avec Albert Einstein, avant de mettre ses
théories à l’épreuve des faits sur des terrains aussi durs que la
Birmanie.
Le Temps: Ainsi, la non-violence peut résoudre des conflits…
Gene Sharp: Soyons clairs: nous ne parlons pas de résolution de
conflit mais de conflit tout court, de combat qu’il s’agit de gagner.
Notre rhétorique s’apparente plus à celle de la guerre qu’à celle de
la négociation. La méthode convaincra si elle est efficace. Mon
travail a consisté à chercher dans le passé des exemples de
soulèvement pacifistes susceptibles d’améliorer nos méthodes dans l’avenir.
La chute du mur de Berlin a apporté une multitude de cas d’étude.
Les Tchèques, les Polonais, les Allemands de l’Est, les Baltes ont
beaucoup improvisé, mais avec succès. Le Printemps de Pékin a échoué
de peu. La société parallèle albanaise du Kosovo des années 90,
ainsi que les protestations serbes de 91 et 96 se sont en revanche
avérées trop symboliques: jolies, mais pas efficaces. Otpor, en
2000, a eu une approche beaucoup plus technique. Ils ont compris qu’il
ne servait pas à grand-chose de clamer le bien ou de critiquer le
mal. L’essentiel est de diviser le camp adverse, pour affaiblir sa
police, son armée, ses différents piliers, pour le saper jusqu’à l’effondrement.
– Comment avez-vous commencé votre recherche sur la lutte non
violente?
– L’Holocauste venait, en 1945, de se produire. Nous assistions
impuissants à la pérennisation de la tyrannie stalinienne et à l’explosion
de la première bombe atomique. Le monde faisait face à une immense
violence. Comme beaucoup de jeunes de ma génération, je me suis
engagé à l’époque dans des mouvements pacifistes mais j’ai vite dû
déchanter. Aucun n’avait de réponse à la violence extrême ou aux
dictatures. Bien souvent, ils n’étaient même pas intéressés par la
question. J’ai alors découvert le pacifisme actif dans l’histoire.
La non-violence n’est pas nouvelle. Le concept existait déjà dans la
Chine antique! Gandhi est un exemple incontournable mais il y en a
d’autres, des gens qui ignoraient souvent ce qu’ils faisaient, qui
se voyaient perdus d’avance mais qui, parfois, gagnaient. J’étais
alors journaliste à Londres, mais mes recherches me passionnaient.
Je suis passé à l’université de philosophie d’Oslo, puis à Oxford,
où j’ai trouvé un livre de Karl Deutcher, un philosophe allemand qui
analysait les faiblesses des dictatures. J’ai pensé qu’on pourrait
se concentrer sur ces faiblesses. J’ai aussi découvert les «sources
de pouvoir»: Hitler, Stalin et leurs semblables n’étaient que des
pauvres types, mais ils s’appuyaient sur des structures. Si on peut
étouffer ces dernières, alors les dictatures s’effondrent d’elles
mêmes.
– Quels sont vos projets?
– J’ai écrit une vingtaine de livres sur la non-violence. Certains
sont traduits en 30 langues et disponibles sur Internet. Le Centre
Albert-Einstein pour la non-violence, que j’ai créé à Boston,
collabore avec Freedom House, le Centre des conflits non violents,
l’Open Society Institute… Nous avons des contacts avec les Nations
unies. Aujourd’hui, je ne suis plus tout jeune.
Je verrais bien Otpor assurer la relève…
Milos, militant de l'ombre

Personne ne contestera à ce grand blond aux yeux bleus ses origines
slaves. Milos Milenkovic a été membre fondateur d'Otpor en 1998, à
l'âge de 19 ans. Depuis, il a participé à toutes les révolutions non
violentes qu'a connues, de Belgrade à Kiev, sa région. Et s'il
dirige aujourd'hui une ONG culturelle à Belgrade, il se tient prêt à
aider d'autres oppositions si le besoin se fait sentir.
"L'Ukraine? J'y suis interdit de séjour jusqu'au premier janvier de
l'an 3000, assure-t-il. Le pouvoir a fini par repérer nos ateliers
de formation, trop tard pour lui. J'y suis allé une vingtaine de
fois à partir d'avril 2001. Nous avons eu nos premiers contacts avec
les Ukrainiens à Minsk, quand nous avons entrepris de former les ONG
biélorusses, dont Zubr. Ils avaient été invités en tant qu'observateurs
à notre séminaire."
Lors de ses premiers voyages en Ukraine, Milos n'a que 23 ans mais
il possède déjà une grande expérience de la révolution. L'an 2000,
il l'a passé à former les nouvelles recrues d'Otpor, avant de
diriger les 35 000 étudiants qui ont donné l'assaut à la dictature
de Milosevic, le 5 octobre. Ses débuts de "consultant en révolutions
non violentes" n'ont pas été faciles. Beaucoup de ses interlocuteurs
doutaient de son utilité et prenaient plus au sérieux les
instructeurs occidentaux. "Nous, les Serbes, avons l'avantage de
présenter un point de vue différent, commente le militant. Nous
avons plus l'habitude de travailler dans des conditions difficiles,
avec des budgets limités et sous une surveillance constante. D'ailleurs,
avant de nous attaquer à notre propre dictature, nous avions
nous-mêmes rencontré des Polonais de Solidarnosc et des Slovaques
d'OK Campaign, qui nous ont bien aidés."
L'engagement de Milos est total. Les budgets de ces premiers
séminaires - expérimentaux - sont réduits, et comme les autres
formateurs serbes de l'époque, le militant est bénévole. Mais il ne
regrette rien. "J'ai eu beaucoup de problèmes, j'ai perdu mes jobs
d'étudiant, les services secrets serbes m'ont passé à tabac
plusieurs fois. Mais on a gagné."
Quelques règles de base
pour réussir sa révolution
Un harcèlement continuel vaut mieux qu’une attaque frontale, le
rire que la force.
Cocktail nouveau composé d’ingrédients anciens, les révolutions qui
ébranlent depuis quatre ans l’Europe de l’Est mêlent intimement une
base théorique inspirée des travaux de l’Institut Einstein et des
trouvailles d’une bande de camarades de faculté qui ont cru, dans le
Belgrade des années 90, que la dérision était l’arme la mieux
adaptée à la quête d’une vie meilleure.
D’abord comprendre
Mais avant d’attaquer un régime autoritaire, il convient de
comprendre comment il fonctionne. «La dictature de grand papa, où un
tyran règne sans partage sur un pays asservi n’existe presque plus,
explique Slobodan, la trentaine, ancien d’Otpor et de la Géorgie. A
la place, nous avons aujourd’hui des fausses démocraties où des
élections sont organisées, où une opposition vivote mais où, au
final, la même tête se retrouve toujours au sommet, sous un titre ou
un autre.» La description convient au Serbe Slobodan Milosevic, qui
a alterné les postes de président serbe et yougoslave, comme à l’Ukrainien
Leonid Koutchma qui multiplie les maneuvres pour trahir la vox
populi.
Or, ces dictatures s’appuient sur un certain nombre de piliers:
police, armée, médias serviles, justice aux ordres, population
obéissante… L’idée fondamentale de nos révolutionnaires est qu’un
renversement du pouvoir passe par l’affaiblissement préalable de ces
soutiens. Dans cette lutte, les coups les plus divers peuvent
servir. En Serbie, dans les petites villes où tout le monde se
connaît, les mères de militants arrêtés harcelaient la police locale
de coups de téléphone implorant le pardon pour leurs adolescents de
fils. A Kiev, de jolies jeunes filles ont fleuri les boucliers du
cordon de sécurité du palais présidentiel, en demandant aux jeunes
policiers s’ils allaient «vraiment les frapper». Le rire est une
autre arme redoutable. Otpor a fait la quête pour «payer Milosevic
afin qu’il quitte le pouvoir»; l’opposition Orange pour financer l’enterrement
de Koutchma. Mais attention! La communication doit aller crescendo.
Et puis il y a une multitude de petits trucs à connaître. «Un
autocollant s’arrache en un instant, note Slobodan. Mais si vous le
lacérez à coup de rasoir, il s’effritera sous les doigts de ceux qui
voudront le décoller et il en restera toujours un morceau…»
Plus largement, les révolutions de Kiev, Tbilissi et Belgrade se
sont articulées sur deux campagnes de communication. L’une,
négative, critique les travers du pouvoir: corruption, pauvreté,
manque de libertés… L’autre, positive, incite l’électorat à se
mobiliser. Elle se base sur un calcul simple: «Les partisans du
pouvoir votent de toute façon, explique un employé du Cesid, une ONG
serbe spécialisée dans la surveillance des élections. Le tout est
donc d’amener les autres aux urnes.»
Succès et échecs
La Révolution d’octobre en Serbie
En janvier 2000, les organisations non gouvernementales serbes
imposent leur réunification à une opposition politique divisée, qui
entame une reconquête du pouvoir en s’appuyant sur un mouvement
étudiant très populaire, Otpor. En juillet, le président Milosevic
décide par surprise de remettre en jeu son poste de président de
Yougoslavie. Après le scrutin truqué du 24 septembre, une grève
générale s’organise et paralyse le pays. Le 5 octobre, la «Marche
sur Belgrade» de 700 000 personnes (10% de la population) aboutit,
en 5 heures d’insurrection populaire, à la prise du parlement et à
l’effondrement du régime.
La révolution des Roses en Géorgie
En novembre 2002, des ONG géorgiennes contactent Otpor pour s’inspirer
de l’expérience serbe. Des rencontres sont organisées par l’Open
Society Institute (OSI) du milliardaire américain d’origine
hongroise George Soros. Un réseau d’activistes et le mouvement
étudiant Kmara se construisent, avec l’aide de l’OSI et du National
Democratic Institute, une fondation politique américaine liée au
Parti démocrate. Ces militants et l’opposition politique réunie
derrière Mikhail Saakachvili contestent pendant 3 semaines le
résultat des élections du 2 novembre et, le 22 décembre, la rose à
la main, une foule envahit le parlement. Le président Edouard
Chevardnadze prend la fuite.
Tentatives ratées en Biélorussie
Tentée en 2001 et 2004, la contestation en Biélorussie, qui s’appuie
notamment sur le mouvement étudiant Zubr («Le Taureau») a échoué
pour le moment. L’opposition politique harcelée par le pouvoir ne
réussit pas à se renforcer. Le pouvoir entretient un sentiment de
peur du changement dans les campagnes, s’assurant ainsi un réservoir
de voix appréciable. Le 17 octobre au soir, jour d’élection, une
manifestation d’environ 2000 personnes s’est formée dans le centre
de Minsk, avant d’être violemment dispersée par les forces de
sécurité, qui ont procédé à des arrestations. Le président Alexandre
Loukachenko est accusé de graves violations des droits de l’Homme.
La révolution orange d’Ukraine
Préparée depuis le printemps 2003, la Révolution Orange aurait dû
avoir lieu aux élections législatives de 2006, car ni l’opposition
ni les ONG d’activistes n’étaient unies face au président sortant.
Il a fallu le résultat contesté du premier tour pour que les
socialistes se joignent à Iouchtchenko et que les organisations
concurrentes «Pora jaune» et «Pora noir» s’unissent. Le mouvement a
failli triompher lors d’une prise du parlement par Youlia Timochenko,
numéro 2 de la liste «Notre Ukraine», le 30 novembre. Organisé par
une population peu habituée à la contestation, le soulèvement a
fortement ébranlé le pouvoir mais ne l’a pas (encore?) abattu.
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