Education
Sans l'alphabétisation,
aucun monde meilleur n'est possible
Gramma International
Enseigner à tout le monde à lire et écrire
sera la seule façon de liquider cet autre terrible analphabétisme qu'est
l'analphabétisme politique: seul un monde alphabétisé sera capable
d'acquérir cette culture politique sans laquelle aucun monde meilleur
n'est possible. De l'ignorance, du mensonge, de la somme de tant
d'analphabétismes ne naît pas une réalité, a déclaré le président Fidel
Castro durant son intervention à la séance spéciale d’inauguration du
Premier Congrès mondial sur l'alphabétisation, au Palais des congrès.
Il s’est référé à Cuba en
ces termes: «Nous faisons des choses pour éliminer l'inculture»,
ajoutant que nous ne sommes plus en phase d'alphabétisation mais en
phase de formation professionnelle pour l'obtention de titres
scientifiques.
Après avoir rappelé l’échec
du blocus, de la guerre sale et des sabotages exercés contre Cuba, il a
affirmé queindiqué que personne ne peut diriger ce pays avec des
mensonges, sans morale ni autorité, surtout pas les criminels, les
tortionnaires, les assassins, les politicards qui appliquent les
méthodes des escadrons de la mort. Ce pays, a-t-il affirmé, est uni
parce qu'il a une très grande autorité morale et des générations unies
représentent une grande force.
Cuba est un ciel au sens
spirituel du mot, a-t-il dit, et nous préférons mourir au ciel que
survivre en enfer.
Il a dit à propos du peuple
vénézuélien que non seulement il a appris à lire et à écrire, mais qu'il
a aussi appris beaucoup en matière de politique et qu’il a acquis une
culture politique, si on compare ce qu'ils étaient avant et ce qu'ils
sont aujourd'hui.
Cuba a développé des
méthodes d'alphabétisation et de post-alphabétisation à travers la
radio, la télévision et la vidéo, qui permettent l’accès de vastes
populations à l'éducation élémentaire et secondaire avec peu de
ressources humaines et matérielles.
En ce sens, le ministre de
l’Éducation Luis Ignacio Gomez a expliqué que les méthodes cubaines Yo
sí puedo et Yo si puedo seguir ont été expérimentées avec des résultats
concrets et positifs dans des pays d'Amérique, d'Afrique et d'Océanie,
qu'elles s'utilisent de plus en langue anglaise en Nouvelle-Zélande et
qu'on les prépare en langue portugaise pour les utiliser bientôt au
Brésil et dans des pays africains.
PLUS DE 50% DES
VÉNÉZUÉLIENS DANS LES SALLES DE CLASSE
Aristobulo Isturiz,
ministre de l'Éducation et des Sports du Venezuela, a souligné que les
missions éducatives dans son pays ont consolidé des changements profonds
dans le système d'enseignement, au point qu'actuellement plus de 50% de
la population étudie et que l'on espère atteindre les objectifs dits du
millénaire avant la date établie.
Nous avons déclaré
l'urgence dans le recencement des compatriotes encore analphabètes pour
faire du Venezuela, en 2005, un territoire sans analphabétisme, a-t-il
précisé. «La Venezuela a demontré que l'on peut le faire et nous
voulons dire aujourd'hui que l'Amérique latine et la Caraïbe et le monde
entier le peut aussi», a-t-il ajouté.
La Vénézuélienne Eugenia
Tua, âgée de près de 70 ans, a expliqué à la plénière comment elle a
appris à lire et à écrire au moyen de la méthode cubaine yo sí puedo;
quant à Auki Tituana, maire de Cotacachi, en Équateur, elle a lancé un
appel aux maires d'Amérique latine et du monde pour un important
investissement dans l'être humain en utilisant dans leurs régions la
méthode cubaine d'alphabétisation.
Plus qu'enseigner à lire et
à écrire, cette méthode nous a permis de connaître nos droits et
d'assumer des responsabilités, a-t-elle indiqué. Nous nous engageons à
la traduire en quechua, langue véritablement américaine, a-t-elle
ajouté.
José Francisco Laine,
agriculteur de Cotacachi récemment alphabétisé, a affirmé qu'apprendre à
lire et écrire a changé sa vie et celle de sa famille.
«Je peux maintenant aider mes enfants et ma communauté».
La méthode cubaine
d'alphabétisation a été utilisée dans différents états mexicains et de
façon massive au Michoacan où, selon le gouverneur, Lazaro Cardenas,
l'indice d'analphabétisme descendra en 2005 de 14% à 8%. «Dans l'état du
Michocan, nous en avons fini avec l'analphabétisme grâce à la généreuse
collaboration du ministère de l'Éducation de Cuba. Trois municipalités
de l'état ont déjà été déclarées libres d'analphabétisme, les seules
dupays».
«Le programme cubain ne
déplace pas le personnel et il n'a aucune exigence politique vis-à-vis
les institutions mexicaines; nous avons voulu ce qu'il y a de mieux pour
notre terre et les meilleurs résultats d'alphabétisation au monde, c'est
ceux de Cuba», a commenté Cardenas.
Claudia Camba a
apporté à la plénière l'expérience argentine, où on a déjà alphabétisé
dans trois provinces 2 050 personnes en 19 mois: «Le programme
“Yo sí puedo” est une lueur d'espoir pour les
oubliés de ce monde. Nous devrions nous réunir tous pour qu'au prochain
congrès, les territoires où l'on pourra lever la bannière “Libre
d'analphabétisme” soient nombreux».
IL EST POSSIBLE
D'ALPHABÉTISER À 1,5 MILLIARD DE PERSONNES EN 12 ANS
«Cuba peut assurer
qu'en 12 ans, il est possible d'aphabétiser et de conduire à la fin du
primaire un milliard et demi d'analphabètes et de semi-analphabètes»
dans le monde, a
affirmé le ministre de l'Éducation, Luis Ignacio Gomez. Il est
nécessaire pour cela, a-t-il dit, de faire un investissement initial de
3 millions de dollars sur une brève période, et de 700 millions à
chacune des années suivantes, pour le matériel éducatif et les
équipements, y compris un million et demi de panneaux solaires pour les
communautés et les villages qui n’ont pas l’électricité. Une dépense
totale inférieure à 10 milliards de dollars équivalant à moins de 0,04%
du PIB des pays développés membres de l'Organisation pour la coopération
et le développement économique (OCDE) dans une année.
Le ministre a aussi annoncé que Cuba et le
Venezuela travailleraient ensemble, en coordination avec d'autres pays
latino-américains, pour éliminer l'analphabétisme dans la région.
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